Sujet d'entraînement original TEF Canada Expression écrite · Section B Niveau visé C1 Culture et arts
TEF Canada · expression écrite · section b En nous proposant sans cesse des films et des chansons semblables à ceux que nous aimons déjà, les applications de recommandation…
TEF Canada — Lettre au journal : 35 minutes, au moins 200 mots, au moins trois arguments. Comment se passe cette épreuve
Source officielle : Exemple officiel TEF — expression écrite (PDF)
Le sujet
« En nous proposant sans cesse des films et des chansons semblables à ceux que nous aimons déjà, les applications de recommandation appauvrissent notre curiosité culturelle. »
Vous avez lu cette affirmation dans le journal Le Courrier du Fleuve. Vous écrivez une lettre au journal pour donner votre opinion. Vous développez au moins trois arguments pour défendre votre point de vue. (200 mots minimum)
Sujet écrit pour TCF TEF Study d'après le format officiel de l'épreuve. Ce n'est pas un sujet tombé à l'examen.
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Madame, Monsieur,
Je viens de lire dans votre journal qu'on accuse les applications de recommandation de limiter notre curiosité culturelle. Ce sujet me touche, car j'utilise ces applications tous les jours. Je partage cette opinion, et je souhaite donner quelques raisons.
Premièrement, ces applications nous enferment dans nos habitudes. Par exemple, j'écoute souvent de la musique folk sur mon téléphone. Depuis deux ans, l'application me propose presque toujours les mêmes artistes. Je n'ai découvert aucun nouveau style de cette façon, alors qu'avant, j'écoutais la radio et j'entendais des chansons très différentes.
Deuxièmement, les recommandations favorisent surtout les œuvres déjà populaires. Les petits artistes, comme les groupes locaux de Québec ou de Moncton, apparaissent rarement dans les listes. Pourtant, ce sont parfois eux qui proposent les créations les plus originales. Si personne ne les découvre, ils auront beaucoup de mal à continuer.
Troisièmement, la curiosité naît souvent du hasard et des rencontres. Le mois dernier, un ami m'a conseillé un vieux film québécois que je ne connaissais pas du tout. Je l'ai adoré. Aucune application ne me l'aurait proposé, car il ne ressemblait à rien de ce que je regarde d'habitude.
En conclusion, ces applications sont pratiques, mais elles ne doivent pas remplacer notre propre recherche. À mon avis, il faut continuer à fréquenter les librairies, les festivals et les salles de spectacle pour garder l'esprit ouvert. Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
Sam, Québec
Madame, Monsieur,
Votre chroniqueuse affirmait la semaine dernière que les applications de recommandation, en nous resservant sans cesse nos goûts, finiraient par tarir notre curiosité. L'inquiétude est légitime, mais le constat me paraît excessif, car il attribue à l'outil une responsabilité qui revient, au fond, à celui qui s'en sert.
D'abord, jamais l'offre culturelle n'a été aussi accessible. Il y a vingt ans, un adolescent de Winnipeg passionné de cinéma coréen devait patienter des mois avant de trouver un film en vidéoclub. Aujourd'hui, une seule suggestion inattendue peut le conduire, de fil en aiguille, vers des réalisateurs dont il n'aurait jamais entendu parler. Les algorithmes ne font pas que reproduire nos goûts, ils les prolongent.
Ensuite, il serait naïf d'idéaliser l'époque d'avant. La radio, les palmarès et les vitrines des disquaires orientaient déjà nos choix, et de manière bien plus uniforme, puisque tout le monde recevait les mêmes suggestions. Le conformisme culturel n'est donc pas né avec les plateformes.
Enfin, ces outils n'agissent jamais seuls sur nos goûts. Les suggestions de nos amis, les critiques lues dans les journaux ou les festivals de quartier continuent de nous détourner de nos habitudes. Personnellement, c'est une recommandation entendue au cours d'une conversation qui m'a fait découvrir le jazz éthiopien, que l'application s'est ensuite contentée de m'aider à explorer.
Je concède toutefois que la facilité peut endormir notre esprit critique. Si nous nous contentons de cliquer sur ce que l'écran nous présente, nous risquons de tourner en rond. La solution ne consiste donc pas à rejeter ces outils, mais à apprendre à les utiliser, ce à quoi les écoles et les bibliothèques peuvent contribuer.
Bref, la curiosité n'est pas une faculté qu'une machine pourrait nous retirer, c'est une disposition qu'il nous appartient d'entretenir. Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
Jordan, Winnipeg
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